Revue de presse

Chronique de Chrissou Ebouquin sur “Sortir de l’impasse postcoloniale” de Philippe San Marco

6 octobre 2025

Par Chrissou Ebouquin, chro­ni­queuse pour Edilivre édi­tions.
> https://www.babelio.com/livres/San-Marco-Sortir-de-limpasse-postcoloniale/
> https://booknode.com/sortir_de_limpasse_postcoloniale_03661742
> https://www.fnac.com/a10291062/Philippe-San-Marco-Sortir-de-l-impasse-postcoloniale
> https://lnk.gleeph.net/HWcvje7llWb

Sortir de l’im­passe post­co­lo­niale est une manière judi­cieuse et ori­gi­nale d’a­bor­der l’his­toire du colo­nia­lisme. Je cher­chais un livre sérieux et com­plet sur le thème, je l’ai trou­vé. Il aborde l’his­toire colo­niale du point de vue de ses contem­po­rains, qui en igno­raient encore les consé­quences, plu­tôt que depuis notre pré­sent où nous en connais­sons l’is­sue. Il expose le contexte poli­tique, social, éco­no­mique, mili­taire et reli­gieux des périodes anté­rieure et post­co­lo­niale. La lec­ture de cet ouvrage s’a­vère par­ti­cu­liè­re­ment enri­chis­sante et ins­truc­tive.

Actuellement, la France tra­verse une situa­tion com­pli­quée à tous les niveaux et demeure encore embour­bée dans son pas­sé colo­nial, en conti­nuant de mépri­ser ses “indi­gènes” et en s’é­ver­tuant à ne pas recon­naître les dif­fé­rences. Afin d’y voir plus clair, l’au­teur a déci­dé de plon­ger dans les écrits de dix per­son­nages célèbres à l’é­poque colo­niale, en par­ti­cu­lier de 1880 à 1914, aujourd’­hui mécon­nus. “Cela implique de se déga­ger du voile qui se dépose inévi­ta­ble­ment sur le pas­sé, ou plus exac­te­ment sur la per­cep­tion du pas­sé.”
L’auteur expose, repré­sente et rap­pelle des figures de la colo­ni­sa­tion : un offi­cier de l’Armée d’Afrique, un méde­cin de la Marine, un explo­ra­teur, le der­nier repré­sen­tant de l’Empire otto­man, un prêtre catho­lique, un éco­no­miste, un savant, un poly­tech­ni­cien, puis Tintin, sym­bole de “la construc­tion d’un ima­gi­naire colo­nial”. Certains étaient en faveur, convain­cus de la “supé­rio­ri­té de la civi­li­sa­tion occi­den­tale” par rap­port aux “races infé­rieures”, d’autres contre, condam­nant les crimes et abus, voire chan­geant de point de vue ou dénon­çant l’ex­pan­sion colo­niale. le der­nier cha­pitre traite la période dou­lou­reuse de la déco­lo­ni­sa­tion. Leurs pro­blèmes per­sis­tants sont-ils dus à la fata­li­té ? à la colo­ni­sa­tion ? à la mon­dia­li­sa­tion ? Comment sor­tir de l’im­passe ? Il conclut en évo­quant la France et son iden­ti­té.

J’admire et je sou­ligne l’im­mense connais­sance de l’au­teur de l’his­toire et du thème, témoi­gnant d’une inves­ti­ga­tion appro­fon­die et sérieuse, comme le révèle notam­ment une vaste biblio­gra­phie. Je remarque éga­le­ment une éla­bo­ra­tion struc­tu­rée et métho­dique. 

L’auteur reflète un enga­ge­ment pro­fond envers le sujet et a su trans­mettre sa pas­sion. Mon unique frus­tra­tion est de ne pas pou­voir par­ta­ger dans ma chro­nique tout ce que cette lec­ture m’a appris. Je l’ai lue avec un vif intérêt.