Par Chrissou Ebouquin, chroniqueuse pour Edilivre éditions.
> https://www.babelio.com/livres/San-Marco-Sortir-de-limpasse-postcoloniale/
> https://booknode.com/sortir_de_limpasse_postcoloniale_03661742
> https://www.fnac.com/a10291062/Philippe-San-Marco-Sortir-de-l-impasse-postcoloniale
> https://lnk.gleeph.net/HWcvje7llWb
Sortir de l’impasse postcoloniale est une manière judicieuse et originale d’aborder l’histoire du colonialisme. Je cherchais un livre sérieux et complet sur le thème, je l’ai trouvé. Il aborde l’histoire coloniale du point de vue de ses contemporains, qui en ignoraient encore les conséquences, plutôt que depuis notre présent où nous en connaissons l’issue. Il expose le contexte politique, social, économique, militaire et religieux des périodes antérieure et postcoloniale. La lecture de cet ouvrage s’avère particulièrement enrichissante et instructive.
Actuellement, la France traverse une situation compliquée à tous les niveaux et demeure encore embourbée dans son passé colonial, en continuant de mépriser ses “indigènes” et en s’évertuant à ne pas reconnaître les différences. Afin d’y voir plus clair, l’auteur a décidé de plonger dans les écrits de dix personnages célèbres à l’époque coloniale, en particulier de 1880 à 1914, aujourd’hui méconnus. “Cela implique de se dégager du voile qui se dépose inévitablement sur le passé, ou plus exactement sur la perception du passé.”
L’auteur expose, représente et rappelle des figures de la colonisation : un officier de l’Armée d’Afrique, un médecin de la Marine, un explorateur, le dernier représentant de l’Empire ottoman, un prêtre catholique, un économiste, un savant, un polytechnicien, puis Tintin, symbole de “la construction d’un imaginaire colonial”. Certains étaient en faveur, convaincus de la “supériorité de la civilisation occidentale” par rapport aux “races inférieures”, d’autres contre, condamnant les crimes et abus, voire changeant de point de vue ou dénonçant l’expansion coloniale. le dernier chapitre traite la période douloureuse de la décolonisation. Leurs problèmes persistants sont-ils dus à la fatalité ? à la colonisation ? à la mondialisation ? Comment sortir de l’impasse ? Il conclut en évoquant la France et son identité.
J’admire et je souligne l’immense connaissance de l’auteur de l’histoire et du thème, témoignant d’une investigation approfondie et sérieuse, comme le révèle notamment une vaste bibliographie. Je remarque également une élaboration structurée et méthodique.
L’auteur reflète un engagement profond envers le sujet et a su transmettre sa passion. Mon unique frustration est de ne pas pouvoir partager dans ma chronique tout ce que cette lecture m’a appris. Je l’ai lue avec un vif intérêt.